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La pilule du lendemain : mode d’emploi

En Belgique, 17 000 femmes par an ont recours à l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Pour contrer ces chiffres dramatiques, le gouvernement a instauré la pilule du lendemain sans prescription en 2001, et même la gratuité pour les jeunes filles de moins de 21 ans en 2004. Cependant, les chiffres de l’avortement continuent d’être alarmants... Manque de communication autour de ce contraceptif d’urgence ?
Petit rappel sur son action, son contexte d’utilisation, son mode d’emploi et son efficacité.
Par Olivia Bazenet.

Définition

La pilule du lendemain est une méthode contraceptive exceptionnelle qui permet d’éviter une grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé, c’est-à-dire en l’absence d’une contraception ou en cas d’échec de la méthode utilisée. Elle agit en s’opposant à l’implantation dans la muqueuse utérine d’un œuf récemment fécondé mais ne peut en aucun cas annuler une grossesse déjà déclarée.

Quand utiliser la pilule du lendemain ?

En cas de problème de préservatif (déchrement), d’oubli de pilule, de rapport sexuel non protégé et d’échec d’une méthode naturelle (retrait ou calendrier d’ovulation) .
Attention cependant, l’utilisation de la contraception d’urgence doit rester occasionnelle, elle ne permet pas d’éviter une grossesse dans tous les cas et elle ne peut en aucun cas remplacer une contraception régulière. Pour celles qui ne prennent pas la pilule, sachez que vous pouvez vous adresser à un médecin ou au planning familial le plus proche de chez vous pour vous faire prescrire un contraceptif adapté à vos besoins hormonaux.

Comment prendre la pilule du lendemain ?

Deux méthodes hormonales sont reconnues pour assurer une protection contre les grossesses non désirées dans les situations d’urgence : une association oestro-progestative ou bien un progestatif seul.
Tétragynon® se compose de quatre comprimés d’un mélange d’œstrogène et d’un progestatif qui doivent être pris deux par deux à 12 h d’intervalle. Ce contraceptif d’urgence nécessite une ordonnance et est remboursé par la sécurité Sociale (3.96 €) Il existe des contre-indications qui concernent les antécédents de phlébite et les troubles de la coagulation.
Norvélo® comprend un seul comprimé de progestatif qui doit être pris au plus tôt après le rapport sexuel. Il est délivré sans ordonnance et de façon anonyme et gratuite pour les mineurs, mais peut être remboursé à 65 % dans le cadre d’une prescription.

Les effets secondaires sont des nausées et vomissements (si c’est le cas dans les 3 h qui suivent la prise, il est conseillé de reprendre un comprimé), maux de tête, douleurs dans le bas-ventre, fatigue et vertiges, saignements en dehors des règles.
Ces traitements sont faits pour protéger des rapports qui ont eu lieu dans les 72 h avant la prise, mais pas de ceux qui ont eu lieu avant ce délai ou après. Ils doivent être pris le plus tôt possible après le rapport sexuel jusqu’à 72 h après (3 jours) pour optimiser l’efficacité.

L’efficacité de la pilule du lendemain

Son efficacité dépend du temps écoulé entre le rapport et la prise des comprimés. Il est recommandé de prendre le contraceptif en urgence (comme son nom l’indique), si possible dans la journée. Son efficacité est de 95 % et diminue lors des 2 jours suivants : 85 % entre 24 et 48 h, 58 % entre 48 et 72 h, efficacité inconnue après 72 h.

Après l’utilisation de la pilule du lendemain, il faut continuer sa plaquette de pilule jusqu’à la fin (même si on a pris un comprimé en retard) et attendre les prochaines règles (après 5 jours de retard, faites un test de grossesse ) et utilisez des moyens locaux de contraception en attendant la nouvelle plaquette (préservatifs masculins et féminins, spermicides, stérilet...).

Le stérilet "du lendemain"

Il s’agit en fait du stérilet "normal" qui peut aussi être utilisé comme contraception d’urgence en cas de rapport non protégé, si vous avez dépassé le delai poour la pilule du lendemain (3 jours). Il est efficace à 99%.
Il doit être placé, dans les 5 jours maximum, qui suivent le rapport non protégé.
Il est possible ensuite de se le faire retirer par sonmédecin lors des prochaines règles ou le garder pendant 5 ans comme moyen contraceptif régulier.

La pilule du lendemain ne protège pas contre les risques de transmission des MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) notamment le Sida et l’hépatite B, seul le préservatif offre une véritable protection, alors pour ne courir aucun risque, sortez couvert !

Pour plus d’informations :

http://www.laura.be
http://www.planningfamilial.net/ pour trouver le planning familial le plus près de chez vous
http://home.scarlet.be

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